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Le plus motivant, le plus gratifiant, c’est de participer au Woodstock des sportifs, aux JMJ des mecs en shorts, le grand rassemblement de tous les accros et des vérolés de la maladie du sport: les Jeux Olympiques.

Les JO, c’est un truc de costauds. Quand tu débarques au Village Olympique il faut du courage et un mental d’acier de la Rurh pour ne pas succomber à la tentation.

Pour les mecs, Il y a des salles de jeux vidéo partout, il y même des cyberespaces pour aller dans le monde virtuel. Heureusement, il y a aussi des Brésiliennes et des Suédoises bien réelles pour te ramener à la dure réalité : est-ce que j’ai le mental pour les JO !?

Mais attention, c’est aussi valable pour les filles. La tentation est tout aussi forte : il y a des distributeurs de Mars et de glaces tous les 10 mètres, des instituts de beauté et des boutiques à chaque coin de rue. Ils n’ont pas encore mis de magasins de meubles, le CIO a peur qu’elles refassent la déco du village olympique tout entier! C’est plus sage.

Bref avec autant de sollicitations et de pression au quotidien, forcément tu as besoin d’une échappatoire.

Pour se sauver de ce quotidien rigoureux, heureusement il y a le Club France. Pour mes premiers JO, à Barcelone, on a été gâtés ! Le Club France battait pavillon sur un bateau, sur le Club Med One ! Pour le néophyte, il faut tout de même expliquer qu'il y a un Club France à chaque fois qu’il y a des Jeux Olympiques d’hiver ou d’été. Évidemment, ils sont plus ou moins remplis en fonction du lieu des JO.

A Barcelone, c’était bien garni coté pique assiettes, mieux qu’en 1980 aux JO de Moscou. Effectivement, Moscou à la grande époque des Rouges, c'était moins fun que le pays des tapas. Imaginez le Président du CNOSF qui envoie ses invitations: Monsieur le Président du CNOSF a le plaisir de convier Monsieur X et Madame Y à l’occasion des prochains jeux olympiques se déroulant à Moscou. Tu ne sais pas si c’est une invitation ou une sanction!

Petite précision, sur l’invitation on met des lettres parce que parfois Monsieur X laisse bobonne à domicile en lui disant qu’il va bosser en séminaire aux JO et il rapplique avec sa Madame Y officieuse. Il arrive même que le gars rapplique avec une Madame Z locale, une consœur de Zahia.

Bref, Monsieur X voit arriver l’invitation pour aller se taper du rouge et du mausolée pendant deux semaines à Moscou. Date de départ: la veille de la cérémonie d’ouverture. Date de retour: le lendemain de la cérémonie de clôture, c’est-à-dire une fois que le rideau de fer est tombé. Pas simple pour rentrer au bercail, il en reste encore là-bas! Comme au Viet Nam, ils sont portés disparus mais bizarrement à part leur femme qui se dit que le séminaire prend trop de temps, personne n’a remarqué leur absence.

Ce qui est certain c'est qu’une invitation Moscovite ça dissuade le pique assiette. Il est en plein doute, il se pose des questions primordiales: «est-ce qu'en pleine guerre froide ils nous serviront quand même des repas chauds?».

A l'inverse, Barcelone, ça l’appâte plutôt. Il va pouvoir faire le plein de Jeux-Olympiques pendant deux semaines, il va se régaler. Que du sport et quel sport! Le summum !

Numero uno: shopping sur les Ramblas. Gros rythme, grosse activité. Ça nécessite pas mal d’endurance surtout si madame Y n’est pas l’officielle.

Numero dos: balade culturelle en ville. Il faut bien un alibi quand on rentre !

Numero tres: farniente, gavage et blagues potaches sur le Club Med One.

 

C’est pendant le numéro 3 que nous les sportifs on embarque sur le love Boat à la Française pour venir les divertir. En général on arrive pendant la blague potache délivrée par une sorte de commandant Stubing dont la mission consiste à ce que la croisière s'amuse, même si l'humour reste à quai: «Il parait que ce soir, il y a toute l’équipe de Hand qui vient. Il faut que je récupère un maillot dédicacé pour en offrir un à mon patron, comme ça je vais passer chef de service. Par contre je ne veux pas celui de l’Anglais de l’équipe, le noir, le rasta, comment il s’appelle déjà: Jackson, voilà c’est ça, Jackson Richarquelquechose. Il ne doit pas sentir très frais son maillot après les matches, whouahaha, René tu l’as entendue celle –là?».

C’est le drame du Club France: recevoir des beaufs qui se prennent pour des chefs d’état c’est un peu comme Kadhafi qui débarque avec sa tente pour faire du camping au Palais de L'Élysée !

C’est vrai que le Club Med One à l’époque avait déjà un petit côté politique nauséabonde, le goût du kérosène, des relents de charters. Je me souviens d’une scène. Jean-François Lamour qui n’était pas encore Ministre des sports mais qui était déjà double champion Olympique débarque avec l’équipe de France sabre au clair pour fêter leur médaille. Enfin, pas clair comme de l’eau de roche, il y avait un peu de champagne et quelques bibines qui étaient déjà passées par là mais rien de bien transcendant. Du classique. Il monte la passerelle du Club Med one avec ses coéquipiers, il arrive sur le pont quand il entend une complainte virant à l’appel au secours dans un Français approximatif: «j’être entraineur équipe, j’être Laszlo Scepezi entraineur équipe France sabre, j'vouloir passer s'vous plait!». Jeff  se retourne et voit son entraineur être éconduit manu militari par un vigile.  A la décharge du molosse,  il faut quand même dire que Lazlo dans le rôle de l’entraineur de l’équipe de France, ce n’était pas très crédible. Coté entrainement rien à dire, en revanche coté physique c’était délicat. Lazslo, c’était une sorte de Bourvil Hongrois en survêtement trop grand qui avait le bronzage d’un Finlandais en plein hiver et qui parlait aussi bien Français que Luis Fernandez dans ses meilleurs jours. Pour accéder aux seins des saints de l’Olympisme Français c’était quand même osé!

Bref, le sang du grand Jeff ne fait qu’un tour, il se précipite sur le videur de la maison de retraite et lui conseille, oui il lui « conseille », à cette époque Jeff avait déjà ce sens politique mais ce n’était pas encore aussi affiné qu’au conseil des ministres, c’était mois châtié comme langage, bref il lui conseille fermement de laisser passer Bourvil.

Finalement, Laszlo a pu accéder au nirvana pour pouvoir répéter une bonne trentaine de fois que Budapest c’était la capitale de la Hongrie et qu’il n’avait pas pris part à la chute de Ceausescu parce qu’il n’habite pas Bucarest.

C’est le problème des invités VIP des JO, ils voyagent beaucoup mais malheureusement tous les centres commerciaux du monde se ressemblent.

Tag(s) : #A part ça rien

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