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Ça y est c'est parti! Les JO c'est maintenant...hier soir mise en bouche avec le reportage sur Usain Bolt...simplement humain, si humain... Certes, les intellos diront que le sport c'est bourrin, stupide...les râleurs diront que perdre de l'énergie à courir, sauter, nager, jouer, combattre ça ne sert à rien, que c'est une perte de temps...et les éternels connards diront qu'ils s'en foutent de tout ça! C'est bien...ça rend les sportifs heureux de savoir que ces instants si précieux ne peuvent être partagés que par ceux qui ont en eux ce brin d'humanité, cette flamme, cet esprit.

Les Jeux c'est la vie, en tout cas ce que l'on rêverait qu'elle soit. Dure, exigeante, prenante, envahissante, gratifiante, enthousiasmante, passionnante, amicale, universelle.

 

En regardant le sujet sur Usain Bolt j'ai replongé dans les jeux, oui, j'ai replongé la tête la première avec un bonheur non dissimulé...pourquoi? Oui pourquoi 5 anneaux de couleur et une flamme trop souvent détournée de sa vocation première, pourquoi cette simple évocation attise les sourires, fait rejaillir le plaisir enfoui, mouille le bord des yeux...Vous qui avez fait les jeux, vous qui avez vécu cela, gagnants, perdants, médaillés ou non, vous avez emporté ça au plus profond de votre corps. Vous en gardez encore quelques stigmates, quelques-uns malheureux, beaucoup heureux, mais vous savez bien au fond de vous ce que tout ceci représente. Je voudrais donc tenter, si j'y parviens, de faire toucher du doigt à d'autres ce que nous athlètes avons vécu.

 

Usain m'a inspiré, comment pouvait-il en être autrement...un immense champion dont la simple expression du  plaisir d'être un simple vivant aurait pu être prise comme de l'arrogance aux yeux de certains. Il n'en est rien. C'était un gamin heureux, jusqu'à présent il l'est resté.

Il a son histoire, tous les Olympiens ont la leur...des histoires singulières, anecdotiques, populaires, connues ou inconnues du grand public. A Barcelone en 1992 j'ai changé mon tee-shirt France contre un tee-shirt Jamaïque...je l'ai encore, je suis sûr que le Jamaïcain avec qui je l'ai échangé doit encore avoir le mien...oui ce n'est rien, c'est peut-être stupide ou bien futile aux yeux de certains, mais 20 ans après je m'en souviens encore...si certains pouvaient simplement avoir une mémoire qui ne se limite pas à ce qu'ils ont fait la veille, le monde serait peut-être mois con parfois.


Les JO, je n'ai pas voulu y retourner tout de suite. Après Sydney 2000 j'ai tourné la page, j'ai tourné le dos...peut-être la peur du manque...certainement la crainte de ne pas pouvoir vivre les choses de la manière dont je les avais vécues auparavant.

Et puis il y a eu Pékin. Des Jeux vécus différemment, en spectateur impliqué, en ami stressé, en ancien sportif comblé. A la fin de la finale du 100 m NL d'Alain Bernard j'ai rempli la piscine olympique de mes larmes. Un flot continu s'est déversé. Je n'avais rien fait, je n'avais rien gagné, rien perdu, mais j'ai pleuré de joie à ne plus pouvoir m'arrêter.

Les hommes pleurent...les sportifs aussi, beaucoup, parfois de joie, souvent de tristesse...à l'écart, cachés.

A l'école du sport, on apprend à perdre avant de gagner.

Tous les sportifs vous le diront, c'est notre premier point commun.

Un peu plus tard quand j'ai pu croiser Alain, il m'a regardé et il m'a dit: "ça t'a fait penser aux jeux comme quand tu y étais?". J''ai un peu honte de le dire mais je crois que c'était encore mieux. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être le plaisir de ne rien pouvoir maitriser alors qu'une vie de sportif se résume à essayer de tout contrôler...maitrise des adversaires, maitrise de ses émotions, on a le droit de pleurer que sur le podium et ça passe tellement vite... .

C'est peut-être ça que nous cherchons tous finalement. Champions, anciens champions, sportifs occasionnels, ou tout simplement amoureux du sport et de la vie...nous voulons peut-être tout simplement apprécier des moments uniques. Peu importe qu'ils soient par procuration tant qu'ils sont vécus intensément.

Tout le monde a  le droit à sa part de JO.

Tout le monde a le droit de crier, hurler, pleurer avec Usain Bolt et avec tous les athlètes connus, moins connus ou inconnus. Guor Marial en fait partie. Il est tout seul aux Jeux...sans amis, sans drapeau, il court sous la bannière Olympique, la faute à 20 ans de guerre dans son pays, le Sud-Soudan.

Aux JO Guor sera seul mais je suis certain que le dernier jour des JO, celui du marathon, quand il  courra en pensant au drapeau de son pays à chaque foulée qu'il posera sur le bitume Londonien, il sera accompagné. Des milliers d'athlètes et des millions de spectateurs courront avec lui...comme Usain, comme tous les autres. Peut-être même qu'un jeune sportif ira échanger son maillot avec le sien.

C'est peut-être tout simplement ça les Jeux!

 

Bons JO à tous ceux qui les méritent

 

Newzorro

 

 

 

Tag(s) : #Newzorro aux JO

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