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Alerte à Budapest

 

Avis aux parents de jeunes sportifs, n'envoyez pas vos enfants en stage ou en compétition en hiver à Budapest. Non. Si vous tenez à eux, évitez.

Ceci dit, ça à peut-être changé depuis que Newzorro y est allé la dernière fois, c'est à dire il y a mille ans, mais on ne sait jamais. Explications.

 

Déjà, à Budapest en janvier il fait froid. De nos jours, même avec un bon petit effet de serre et le réchauffement climatique qui va de pair, on tourne autour des -5°-10°...soit la température idéale à partir de laquelle le descendant d'Atila commence à sortir les tongs.

Forcément avec une telle aptitude au froid, le Magyar tente d'en tirer profit. Quand il organise une compétition de Pentathlon à domicile, il prend soin de mettre toutes les chances de son côté.

Primo, l'échauffement se fait à l'air libre et sur de la neige tassée. Les chevaux sont ravis. Toi tu as les chaussettes collées au fond des bottes et les doigts en forme de miko, mais le bourrin gambade comme une Dacia au Trophée Andros.

Secundo, une fois que le cheval est bien échauffé, c'est à dire quand tu constates qu'il a le crottin qui fume ou bien qu'il a arrêté de faire des ruades parce qu'il n'a plus froid aux sabots, c'est bon tu peux aller sur le parcours dans le manège. Pour les non amateurs de sport de glisse et de crinières, je précise qu'un manège ce n'est pas un cheval en bois que tu actives avec une pièce de 1€. Non, en Hongrie pas besoin de lui glisser une pièce dans la fente, il bouge tout seul et il rattrape même les voitures et les soucoupes volantes... Bref, un manège c'est une sorte de grand gymnase couvert avec un mélange de sciure et de terre au sol. Sauf qu'à Budapest, à l'époque, il s'étaient spécialisés dans les manèges à toiture trouée avec des oiseaux qui colonisent le lieu parce qu'ils pensent avoir trouvé un nid douillet pour piailler et forniquer. Forcément quand ton ami le cheval entre dans l'arène il faut t'attendre à des impondérables. Mon impondérable personnel est arrivé entre un gros obstacle droit et bariolé et la fameuse rivière. Mon entraîneur m'avait prévenu : « fais attention, après l'obstacle il faut que tu relances bien pour ne pas te retrouver trop loin en foulée pour passer la rivière ».

OK chef, je relance. A priori, j'ai du trop bien appliquer les consignes...j'ai relancé tellement bien que j'étais parfaitement placé pour sauter la rivière, sans mon cheval certes, mais je l'ai bel et bien sautée. Oui parce qu'en pleine relance, alors que je pompais sur les côtes du malheureux bourrin avec mes éperons de John Wayne, un piaf a voulu flamber devant sa belle en faisant un rase-motte superbe devant la tête de mon cheval. Le piaf en mode piqué, sa dulcinée perchée en train de mater la scène, mon bourin qui fait feinte de je vais à droite et je vais à gauche et moi au milieu en mode planeur avec les éperons façon aérofreins. J'ai tout tenté mais j'ai quand même touché un peu l'eau avec mes pattes arrières, pas grand chose, une petite éclaboussure...une stalagmite !

 

Il y a d'autres choses terrifiantes en Hongrie. Spécialement quand tu es escrimeur. Tu es jeune, tu es ravi d'avoir abandonné le Pentathlon pour devenir escrimeur, tu penses que le plus dur est derrière toi et vlan...tu tombes sur des dingues. Même pas des Hongrois, non, des Français...deux maîtres d'armes Français.

Tout à commencé la veille au soir d'une de mes premières compétitions internationales en tant qu'escrimeur. Grosse compétition. 300 tireurs dont 299 avec la bave aux lèvres et le regard de Francis Heaulme au réveil.

Briefing d'avant compet' et précisions sur le timing. Début des matchs 8h...et réveil musculaire fixé à 5h du mat'.  Autant le dire tout de suite, inutile d'objecter quelque chose. C'est comme à l'armée, celui qui moufte récure les chiottes. Là c'est pareil. Si tu l'ouvres c'est toi qui es de corvée pour visser toutes les petites vis des têtes de pointe des cadors de l'équipe. A raison de 2 vis par tête de pointe et de 6 épées par tireur, ça te fait à peu près autant de vis qu'il y a de boulons sur la tour Eiffel. La seule différence c'est qu'une vis de tête de pointe est grosse comme une petite crotte de nez de Passepartout...Bref, si tu tiens à tes yeux, Impossible de négocier en tentant un : « maître, est-ce que je pourrais rester un peu plus longtemps au lit parce qu'en fait je me réveille très bien vers 6h30...musculairement j'ai le muscle de la troisième jambe du milieu toujours bien tendu à cette heure là ». Non, tu ne fais pas ça. Tu te la remet derrière l'oreille et tu manges ton goulash le museau dans le bol.

Ceci dit, j'aurais dû tenter. Autant vous l'avouer tout de suite, ce n'est pas quand le réveil sonne que c'est le plus dur. Non, c'est après. Personnellement j'ai plutôt bien tenu le coup. Les 15 tours de stade en pleine nuit, par -8°, sous les yeux des statues des héros Magyars, se sont bien passés. J'étais bien réveillé, le sourire au lèvres, l'envie d'aller en découdre... C'est quand il a fallut attaquer les 5x50 mètres de marche en canard, les 100 pompes et les 10x50 mètres en sprint que j'ai un peu faibli. J'ai fini, mais je l'avoue, j'ai faibli. C'est une fois arrivé au gymnase une heure plus tard que j'ai compris que musculairement j'étais très très bien réveillé. Ce n'était peut-être qu'une impression car le maître d'armes m'a demandé de faire 3 matches en 10 touches en format compet' puis de venir prendre la leçon individuelle avec lui au cas où j'aurais encore quelques fibres musculaires en train de se faire une grasse mat'. Après 30 minutes de leçon j'avais des réveils matin à chaque recoin du corps. Ça sonnait et ça bipait dans tous les sens.

Dès les premiers matchs de poule j'ai compris que j'étais trop bien réveillé...impossible de rester assis entre les matchs, il fallait absolument que je bouge, que je marche...sinon je m'endormais. Au troisième match de poule, je me suis mis en garde et j'ai eu la jambe avant qui a éteint la lumière...impossible d'avancer la patte sans tremblements. J'ai décidé de reculer, de me mettre en mode survie. Le pied sur la ligne de fond de piste et j'allongeais le bras en fermant les yeux dès que le rustique d'en face esquissait un mouvement hostile. C'était génial, j'entendais bip, j'ouvrais les yeux et je voyais l'appareil allumé avec la bonne lampe. Miraculeux.

Une fois qualifié pour le tour de poule suivant, oui il y en avait 4 comme ça à l'époque et ensuite, si tu étais toujours en vie, tu n'étais qu'en 16eme de finale...bref, une fois qualifié pour le deuxième tour de poule, le maître d'armes est venu me dire : « c'est bien gamin... ». A l'époque ils avaient le compliment inversement proportionnel à la durée du réveil musculaire !

Je n'ai pas osé lui dire que j'étais cuit. J'ai aussi évité de lui dire grâce à quoi je puisais dans mes dernières réserves...oui j'avais peur de la sanction. Pas celle de l'entraîneur, non, celle du gage...les tauliers de l'équipe avait mis en place un challenge effrayant: le premier qui se fait sortir de la compétition est obligé de tenir la jambe de « l'Espionne » tout le reste de la journée. Un gage inhumain et très motivant...

 

Newzorro

 

la suite bientôt :

« L'espionne qui venait du froid »

 


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Tag(s) : #"J'étais sportif mais ça va mieux"

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