Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Big-Apple1.jpg

 

Enfin... !

Depuis le temps que le monde attendait la confirmation, elle est enfin arrivée :

« Les policiers n’arrêteront plus les femmes se promenant seins nus à New-York ».

C'est le très officiel et réputé New-York Times qui nous l'apprend.

Ouf de soulagement chez tous les adeptes de la loche libre mais grande déception chez les vendeurs de soutient-gorges et les adeptes de la broderie.

Analyse.

 

1986...deux femmes sont arrêtées pour avoir osé montrer leurs seins au grand public. Remontez dans le temps mais ne vous trompez pas...Je rappelle qu'en 1986 la mode était au sein de taille moyenne, plutôt en forme d'ogive mais planqué derrière des soutifs à armatures dont la résistance s'apparentait à celle de la porte de la chambre forte de la Réserve Fédérale. Certains hommes peuvent d'ailleurs témoigner y avoir laissé aux mieux des ongles, au pire une bonne heure d'obstination infructueuse.

Oui, je sais...les puristes me diront que 1986 c'était aussi Samantha Fox et son tube « Touch me », mais dois-je leur préciser que Samantha n'était qu'une allumeuse et que personne à part son chirurgien n'avait eu le droit de toucher le pare-buffle lui servant de calandre avant.

Oui, je confirme, en 86' l'élevage du sein se faisait en mode naturel...ça poussait tranquillement en Biodynamie. A part quelques chanteuses tentant de faire oublier les années 70' et Jane Birkin, le reste demeurait tout à fait rationnel.

Bref, nos deux femmes New-Yorkaises décident certainement de voler au secours de ces hommes peu habiles, en leur facilitant le travail. Terminé le soustingue, vive la liberté. Dans une sorte d'open bar où tu mets directement le pack de 12 sur le comptoir, nos deux adeptes de la loche volante offrent leurs air-bags aux yeux des Ricains New-Yorkais.

Elles sont finalement arrêtées.

Mais elles ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Faisant valoir que la poitrine d'un homme n'est pas considérée comme étant « une partie intime », interdire aux femmes de montrer la leur relève donc de la discrimination. Logique imparable.

Tellement imparable qu'en 1992 le tribunal de New-York statue en leur faveur et autorise la loche à l'air libre.

Malheureusement pour elles, les poulets New-Yorkais feignaient de ne pas connaître la loi et embarquaient systématiquement les seins et les femmes porteuses qui allaient de pair.

Aujourd'hui c'est terminé. Ils ne pourront plus embarquer qui que ce soit. Les femmes ont le droit de montrer leur poitrine partout où les hommes ont droit de le faire.

 

J'imagine d'ici les yeux envieux du citoyen Français et sa jalousie réflexe envers le New-Yorkais.

C'est compréhensible car à première vue les raisons d'apprécier une telle loi sont nombreuses.

Par exemple, quand tu es un papi et que tu es en maison de retraite tu préférerais que le gant de toilette de l'infirmière soit en fibre naturelle. C'est humain.

Idem pour le gars qui fait faire des travaux chez lui en plein été. Il en a marre d'avoir du maçon bedonnant truelle en main, il veut de la gagneuse seins à l'air en train de malaxer le mortier avec les gouttes de sueur qui dégoulinent le long de la corniche. Il veut de la maçonne poitrinaire portant les parpaings sur le repose-tête.

Et je ne vous parle même pas du maître nageur Français... Le pauvre homme est à la piscine en train de donner un cours d’aquagym à des femmes toutes vêtues du maillot-gaine playtex water plouf et qui martyrisent des planches et des bouées alors que s'il était aux States il serait entraîneur d'une équipe entière de donzelles spécialisées en dos-crawlé. Oui, quand ça nage seins nus l'entraîneur ne s'amuse pas à les faire nager sur le ventre, il veut du dos ou bien au pire de la nage indienne. C'est une question de sécurité, le sein a beau être libre il doit aussi respirer sinon il se noie... C'est pareil pour tous les mammifères, pourquoi croyez-vous que les armatures des soutifs s'appellent des « baleines » ! La respiration est vitale...d'ailleurs on a vu des seins suffoquer puis se flétrir par la faute de nourrissons trop gloutons qui restaient collés sur le clapet qui sert de valve... Une mort atroce pour tout sein qui se respecte.

Tenez, encore un exemple de l'utilité de la loi New-Yorkaise : quand vous irez acheter un soutient-gorges à votre femme...si si pour les soirées grivoises ou bien pour les hypertrophiées de la glande ça existera encore, bref quand vous irez acheter le soutif vous aurez le droit d'oublier la taille. C'est souvent un instant délicat pour l'homme en quête du cadeau frivole. « quelle taille prend votre femme » ? lui demande toujours la vendeuse. Question souvent rédhibitoire pour le quidam en recherche de broderie fine. Tu as beau partager le même lit et la salle de bain qui va avec depuis 15 piges, à part faire la forme et la circonférence avec les mains, tu ne peux rien faire de plus... Et bien avec la loi Ricaine tu seras sauvé ! Tu auras le droit de palper les loches de la vendeuse comme tu toucherais les pectoraux d'un pote pour voir qui a les plus gros. Pareil.

« mettez-moi du pareil que vous mademoiselle...pas trop pigeonnant quand même...c'est pour mettre à la la maison»

 

Malheureusement cette loi ne fera pas le bonheur de tous. Je veux là témoigner de ma plus grande compassion à l'esthète New-Yorkais en même temps qu'aux créatifs spécialisés dans le balconnet, le pigeonnant ou plus largement aux amoureux du Wonderbra.

Quel homme n'a jamais rêvassé devant la naissance d'un sein délicatement sous-entendue.

Quel être humain à poitrine velue pourrait rester impassible devant la furtive vision d'une transparence à peine suggérée.

Pas moi.

 

Même si les plus maladroits y trouveront leur compte,

même si les plus précoces y verront un moyen plus assuré de pouvoir parvenir à leur fins avant que la messe ne soit dite,

même si personne ne refuse aux femmes d'être les égales de l'homme...

Un sein ne doit s'offrir en public ni se jeter en pâture aux yeux globuleux et avides d'hommes trop pressés d'en découvrir tous les attributs.

Un sein se suggère, se fait désirer. Il se devine, plus que ne se fait observer. Il offre sa délicatesse plus que son caractère effronté...

 

Mesdames, de grâce n'écoutez pas les tartufes et « cachez ce sein que je ne saurais voir ».

 

Newzorro

Tag(s) : #ça pique !

Partager cet article

Repost 0