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Un grand moment de sport vient de débuter sous les yeux inattentifs des Français. Oui ça y est, c'est parti à Kazan (Russie) pour les 27ème Universiades d'été.

Je précise pour les non avertis que les Universiades ne sont aucunement les championnats de l'univers. Aucun Martien n'est inscrit et n'imaginez pas un seul instant voir une belle greluche de Pluton en maillot de bain. Non, les Universiades ce sont les championnats du monde Universitaires...preuve irréfutable qu'il y a bien des sportifs qui ont aussi un muscle cérébral.

Ceci dit, je vous invite à suivre les compétitions, au moins au début...oui laissez tomber la fin c'est moins intéressant...comment dire sans froisser du monde...et bien si vous avez déjà assisté à une fête étudiante dans votre jeunesse, vous devriez savoir que c'est précisément en première partie que c'est le mieux. Tout le monde danse, flirt, rigole...alors qu'en deuxième partie tout le monde vomit ou s'essaye à des danses à la Nadine Morano sur le tube de l'UMP « changer le Monde ». Et je ne vous parle même pas de ceux qui se mettent à confondre un Harlem shake avec Harlem Desir...là on tombe dans de l'outrage, dans de la cuisse galbée frivole tentant se s'extraire des griffes d'un boutonneux avec 3 grammes d'alcool dans chaque œil et des valseuses de 12 kilos chacune.

 

Oui, je l'avoue, Newzorro a fait 2 Universiades...Shefield et Buffalo. Non, je ne vous dirai rien là dessus, c'est trop intime...je ne peux pas...ce ne serait pas correct... !

Non, n'insistez pas...

Bon d'accord !

Vous l'aurez voulu. Une anecdote et puis c'est tout. Oh rassurez-vous pas une trop violente, j'ai pris la plus légère.

 

Tout à commencé en stage préparatoire avant les Universiades de Sheffield, en 1991. Les escrimeurs étaient en stage à Houlgate...oui c'était pour nous habituer au climat du nord de Angleterre...c'est sérieux les stages avant les Universiades. Nous ne sommes pas en camp de vacance, l'encadrement fait dans le méthodique et le scientifique. Nous moins, mais eux oui.

Jusqu'à la moitié du stage tout se déroulait parfaitement, entraînements, récupération, apéro bien géré...de la bonne préparation. Du classique pour tout escrimeur qui se respecte...donc l'équivalent d'une orgie pour un marathonien.

Non, là où tout s'est mis à déraper c'est quand il a fallu nous rendre au restaurant de mi-stage, un repas qui est censé entretenir l'esprit de groupe, souder les équipes...autant l'avouer tout de suite, on s'est dé-soudé le foie collectivement. Preuve formelle que même dans la biture l'escrimeur reste collectif.

Ceci dit, ce n'était pas du tout de la faute des athlètes, non, la faute revient à un maître d'armes répondant au nom de Mitch la main froide. Michel, de son vrai prénom. Allez savoir pourquoi, le maître s'est levé et a commencé à chanter une chanson paillarde verre levé...ça ne pardonne jamais un concert comme ça. Il a commencé son tour de chant poétique:

« Dans un vagin de forte tâââilleu

600 000 poux livrèrent batâââilleu

un nombre égal de morpions

qui défendaient l'entrée du con...

Dé profondis...la la, la la

Morpionibus...la la, la la

la la lalala lalalalala... »

Et forcément quand tu as un maitre d'armes qui lance le drame, la troupe doit suivre dans un esprit de discipline.

Le levage de verre s'est donc généreusement mis à côtoyer « le curé de Camaret a les couilles qui pendent... », ou encore le « En revenant de Nantes, de Nantes à Montaigu la digue la digue, de Nantes à Montaigu la digue du cul...» ainsi que d'autres chants faisant l'éloge du bien être et de la partie fine.

Forcement, au milieu d'une belle mélodie, tu peux parfois tomber sur une fausse note, ça arrive. La notre est venue du toubib de toute l'équipe...je tiens à préciser que c'était la première fois qu'il était envoyé sur un stage d'escrimeurs. A 35 piges le gars avait déjà eu deux ou trois expériences auprès de groupes de Louveteaux ou de petits chanteurs à la croix de bois, mais jamais d'escrimeurs ou de sportifs. Bref, il se lève, monte sur la chaise, tend son verre aux cieux et se fait hacher le petit doigt par le ventilateur au plafond. Ça ne commençait pas forcément bien...Qu'à cela ne tienne, il enchaîne sur une chanson qu'il avait certainement dû beaucoup bosser le samedi soir au Karaoké...un truc dans le genre duo entre Jean-Pierre François et Didier Barbelivien. Quand tu viens de terminer une bonne "Digue du cul", enchaîner là dessus c'est l'entorse cérébrale assurée. Passons...le pire n'est pas là. Non, là où on a tout de suite vu qu'il avait fait 10 ans d'études mais qu'il n'avait pas dû bien bosser les fondamentaux, c'est quand à la fin de la chanson, pris par l'ambiance, il s'est fendu d'un : « hé les gars je vous prends tous ici, je vais vous montrer ce que c'est la fête en médecine, c'est parti ».

Aïlle !

Au début on s'est quand même demandé si le gars 'avait pas un peu anticipé la chose, s'il n'avait pris quelques médicaments lui donnant un avantage concurrentiel indéniable pour lutter contre les effets secondaires...oui, on a déjà vu du rusé de beuverie se taper de la citrate de bétaïne ou d'autre substances masquantes pour pouvoir tenir et être digne en soirée. Ça s'appelle du dopage et les toubibs sont quand même bien placés pour bien maîtriser la chose.

Quelques heures plus tard, nous avons dû nous rendre à l'évidence, il n'était pas du tout dopé, absolument pas. Inutile de le faire pisser dans le flacon pour faire un test, il s'était déjà fait le test tout seul en urinant dans son jean. C'était un rapide. En revanche là ou cela a été plus long c'est quand il a fallu le traîner du restaurant jusqu'à la douche, puis le laver pour éloigner les grumeaux et le reste. Je vous prie de croire que ce n'est pas simple...surtout quand le gars n'y met pas du sien parce qu'il est en relâchement total y compris au niveau des sphincters...il nous a sorti une « digue du cul » version live de toute beauté. On a pris des photos...obligé, quand tu es à un concert tu immortalises toujours la scène.

Bref, après le lavement, nous l'avons mis dans son lit en PLS (Position Latérale de Sécurité) pour éviter le drame du grumeau qui se coince dans la goulotte. Nous l'avons bordé et avons même ajouté un petit seau juste sous son museau. On était des techniciens, des vrais scientifiques.

 

Au petit dej' du lendemain, c'est là que nous avons vraiment eu peur...il est arrivé dans la salle fier comme un neurochirurgien ayant réussi une greffe de cerveau sur Benjamin Castaldi. Il est venu à notre table et nous a lancé : « alors les petits joueurs, vous avez vu...j'ai même pas été malade ! ». On a pas osé lui raconter...

 

Vive les Universiades !

 

Newzorro

 

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Tag(s) : #ça pique !

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