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                Oui je sais, il faut se revendiquer de l'ovalie profonde pour comprendre cette citation. Cette ovalie des valeurs du rugby qui s'envoie des farandoles de fourchettes dans les mirettes et des crampons de 18 dans les flottantes. Pour les non initiés je m'en vais donc vous expliquer tout ceci.

Oui le cochon est dans le maïs et il semble bien qu'il soit prêt à se goinfrer a t-on appris cette semaine au détour d'une conférence de stress. Tout le monde était tendu...tout le monde se demandait ce qu'allaient bien nous faire avaler les deux présidents des plus anciens clubs de France, le Racing et le Stade Français. On avait bien une petite idée mais on osait pas trop y croire quand même. On espérait, sans trop le dire, une réponse à la question cruciale: est-ce qu'ils vont enfin décider d'arrêter de jouer avec des maillots de danseuses du Lido ou des noeuds papillon roses?

On a été déçus. On a finalement appris que la danseuse des deux Présidents avait un nœud coulant dans l'épi de maïs et que le gosse se prénommerait...se prénommerait comment d'ailleurs? Le Stade Français CASG Paris Racing Metro 92? Le Racing 92 Stade Français et fils? On ne sait pas bien mais soyons surs que le gosse naitra au moins avec une cuillère de bois dans la bouche.

En parlant de bouche ça me rappelle tout de même le Métro tout ça. Rappelons-nous que le Racing avait jadis absorbé l'US Metro pour constituer le Racing-Metro 92. Quelques années plus tard, certainement par peur de voir débouler des contrôleurs et les conducteurs en costume Celio et godasses Mephisto, les pontes du Racing ont envoyé le Métro au terminus des prétentieux. Terminé le Racing Metro 92, vive le Racing 92! Quand tu as du pognon et l'ambition de dominer le monde ovale, tu ne prends pas le métro... De son côté, l'historique Stade Français avait déjà fusionné avec le CASG (Club Athlétique des Sports Généraux). En tout ça fait donc 4 concernés, des milliers de personnes qui regardent et veulent jouer et des cocus au milieu, pas de doute ce n'est plus une fusion c'est bien d'une partouse.

Bref, cette histoire de partouse...pardon, de fusion, fait jaser. Les puristes s'offusquent, les anciens pleurent et les joueurs font grève...enfin surtout ceux du Stade Français. On les comprend...apprendre par un tweet que la finance prend les manettes et va envoyer du jeu à coup de fusions, d’acquisitions, de cash-flow, de plans sociaux, tout ça pour un ballon qui ne tourne même plus rond, c'est quand même dur.

Personnellement je trouve ça bien. Une petite dose de capitalisme dans le sport n'a jamais fait de mal. Terminés les avantages odieux, les joueurs vont désormais être traités comme des salariés lambda. A 64 ans, quand le demi de mêlée sera fauché en pleine fleur de l'âge et à un an de la retraite par un pilier affamé par un CDD payé en tickets restos, ce sera somptueux. Et je ne vous parle même pas de tous le reste des avantages induits par le capitalisme rugbystique. Des arrêts buffets de haut vol avec carottes vichy et médaillon de lotte, terminé les fourchettes place aux cuillères, fini les protège dents qui empêchent de bien prononcer les tactiques car les dentiers seront restés au vestiaire...Il y aura du beau jeu pour tout le monde, puristes compris !

D'ailleurs je ne comprends même pas une seule seconde les réfractaires à ce projet de fusion. De toute façon ils n'avaient pas le choix. Nos deux présidents capitalistes étaient semble t-il acculés tel un demi d'ouverture fluet chassé par les gros au détour d'une mêlée...et pour ceux qui maitrisent mal le rugby, comme les gosses de François Fillon quand leur père leur fait les poches pour récupérer le grisbi. Bref, Il parait que le Qatar était donc à l'affut pour rentrer dans le maul. C'était donc soit la fusion, soit la fission Qatarie. Oui, la fission. Une OPA hostile du Qatar c'est quand même autre chose en termes de ravages. Au Qatar on ne fusionne même plus, on fissure directement. Quand tu gagnes 4-0 à l'aller et que tu en prends 6 au retour ça s'appelle de la fissure. C'est le stade ultime du capitalisme. Ça consiste à arriver sur un terrain avec les poches pleines de pognon, penser que tu vas tout gagner parce que la fraiche permet de t'acheter les meilleurs joueurs et prendre une branlée parce que tu te rends finalement compte que tu es tombé sur 11 mecs qui ont une âme et qui sont portés par un club qui trimbale son histoire depuis 1899...

Depuis lundi, l'âme d'un club dont la section rugby est née en 1892 est à vendre... A la faisanderie, les faisans sont rois!

Newzorro

 

 

Tag(s) : #ça pique !

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